Je passais un congé de fin de campagne de cent vingt jours en grande partie à Roussillon car à Lyon, en dehors des collègues de Rhône-Poulenc, je ne connaissais personne. Ma mère préférait d’ailleurs me voir passer mon séjour à Roussillon car pour les gens qui venaient la voir, j’étais le « neveu » et cet état de chose causait parfois des situations délicates dans les discussions. J’allais donc chez ma grand-mère et cela me permit de revoir toute une bande de copains du complémentaire ou de Rhône-Poulenc.
Mourmelon (Marne), 1950,
C'est un des mastodontes que j'avais "poussé" avec mon Halftrack :
Résultat : avant tordu pour le véhicule et 2 blessés
Une fois le congé terminé, je fus affecté au 8ème BCP (Bataillon de Chasseurs Portés) à Epernay, Marne. Là, je devais instruire de jeunes appelés et devint moniteur d’éducation physique pour la compagnie.
Epernay, 1950,
avec mon camarade Fléouter
Au 8ème BCP, je participais à un concours de tir du bataillon au fusil et au pistolet. Je me classais dans les premiers pour ces deux armes. Un concours Interbataillon à Mourmelon me classa dans les premiers au fusil. Pour le pistolet, ce fut raté, j’avais pourtant fait un assez beau tir mais pas assez centré, je ne fus donc pas sélectionné. Le grand Concours qualificatif aux championnats de France se passa à Metz. Le lieutenant Meunier (qui entraînait l’équipe), l’adjudant Strechenberger, le Sergent-Chef Derogy avaient tous trois fait un beau tir. Restait Rivière, le dernier de l’équipe ! Il fallait que je fasse au moins quatre-vingt trois points pour classer l’équipe aux Championnats de France de Tir de précision. Je fis quatre-vingt huit points et nous fûmes donc qualifiés pour ces championnats. Ceux-ci eurent lieu à Versailles par un temps peu favorable aux tirs de précision : le ciel était nuageux et parfois en cours de tir, il y avait du soleil ! Avec encore quatre-vingt huit points, je sortis dixième sur quatre-vingt quatre participants : une médaille et les félicitations du colonel de la 8ème BCP. Je ne me rappelle plus notre résultat par équipe, cinquième ou sixième, je crois. Au 8ème BCP, je passais mon brevet sportif populaire puis mon brevet sportif supérieur (là le plus dur pour moi fut la natation, car d’une part je n’étais pas bon nageur, et d’autre part mon éclat à la cuisse me gênait). Je fus bon au mille mètres et surtout au cross-country, je fus désigné avec une équipe du bataillon pour effectuer un parcours du combattant Inter-Régiment organisé par la région militaire de Metz. L’équipe ne brilla pas particulièrement mais ce fut avec plaisir que j’appris que j’avais battu le record du parcours de dix-huit secondes alors que j’avais perdu du temps à la Fosse aux Ours, ratée au premier saut !
Paris 1950,
avec ma marraine de guerre,
Jeannette
La musique du 8ème BCP, Epernay 1950
Visite du Président de la République, Vincent Auriol,
Epernay, 1950
Sur le S/S Jamaïque, février 1951
Saïgon, mars 1951
Singapour, mars 1951