Partager l'article ! 30 – Le chien Blanco et l’embuscade: Au poste du Cu-Nam, nous avions recueilli un chien, un bâtard genre Setter, en moins ...
| Mai 2012 | ||||||||||
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Au poste du Cu-Nam, nous avions recueilli un chien, un bâtard genre Setter, en moins grand, tout blanc. On l’appela « Blanco ». Bien souvent, nous l’emmenions avec nous pour
les patrouilles, il était obéissant et l’on pouvait l’arrêter quand on voulait.
Un jour de l’été 1948, peut-être en Septembre ? je pars en patrouille avec mon groupe en direction du village de Ha-Mon, Blanco vient avec nous et prend la tête de la
patrouille.
Arrivée au village de Ha-Mon (environ cinq kilomètres de poste), je constate que le coin est bien calme alors que nous sommes l’après-midi et la chaleur lourde. Nous traversons
le village avec des éclaireurs de chaque côté de la piste. A une centaine de mètres, Blanco s’arrête et regarde bien devant lui. Je l’appelle, il vient difficilement. Je me dis que le chien a
senti quelque chose, les Viets sont là en embuscade. Je fais marche arrière d’une cinquantaine de mètres et me déploie avec mon groupe sur le côté droit. (A gauche il y a la rivière de … ? qui se
jette dans la mer de Chine). Ma manœuvre me porte au dessus de l’embuscade Viets et nous ne tardons pas à nous faire tirer dessus. Nous ripostons et les Viets qui nous attendaient sur la piste et
non sur le côté se sauvent en tirant. Le terrain très touffu rend notre poursuite dangereuse. Je donne donc l’ordre de repli et nous rentrons sans perte. Nous n’avons pas su quelles ont été les
pertes Viets, mais un pépin pour nous dans cette affaire : la mère d’un tirailleur qui habitait le village était tué d’une balle.
Blanco nous avait sauvé de l’embuscade et quant à moi, j’avais été bien inspiré de faire un rapprochement avec le calme constaté dans le village. Les habitants étaient au
courant mais ils avaient plus peur des Viets que de nous. Les Viets d’ailleurs, avaient certainement obligés les habitants à rester chez eux, ceci afin que personne ne vienne signaler leur
présence à la sortie du village.