Partager l'article ! 31 – Pris pour un Viet: Durant cette période mouvementée, une section de parachutistes vint nous porter main forte ca ...
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Durant cette période mouvementée, une section de parachutistes vint nous porter main forte car les Viets venaient se promener un peu trop près de nous. Un lieutenant, nommé
Claude Barrès, petit-fils de l’écrivain Maurice Barrès, commandait cette section. Je fus désigné comme guide et l’emmenait près du fleuve Dong-Ha qui longe une ligne de chemin de fer. Le
lieutenant fit son embuscade sur la voie ferrée (surélevée d’une dizaine de mètres par rapport au fleuve) dont un sentier la franchissait (sans passage à nouveau !) pour suivre le côté droit de
la voie (direction Sud). Avec trois de mes tirailleurs, je me mettais en observation sur le bord du fleuve car les Viets profitaient de la nuit pour faire des transports en barques, d’hommes et
de matériel. Evidemment, le lieutenant avait le commandement de l’ensemble de l’effectif. Au bout de trois quarts d’heure à peu près, j’entendis le léger battement de l’eau, indiquant le
mouvement de rames. Les Viets passaient. Le lieutenant n’avait pas réagi, aussi je me décidais à aller les prévenir. Il faisait clair de lune et pour que mon casque US ne me fasse pas repérer, je
l’enlevais et grimpais le sentier montant à la voie ferrée. J’appelais le lieutenant en plusieurs fois, lorsqu’il surgit son pistolet à la main. « C’est vous », me dit-il « Et bien j’ai failli
vous tuer ! Sans casque, je vous ai pris pour un Viet ! Je lui dis que c’était en raison de la lune, en grimpant le sentier menant à la Voie Ferrée, on aurait très bien pu me voir ! Le lieutenant
qui était un peu plus loin que moi avec ses hommes, n’avait rien entendu. Il avait bien des fusées éclairantes à sa disposition mais les rameurs étaient loin, emportés par le courant. Une
embuscade « loupée ». On en fera d’autres !