Partager l'article ! 44 – Direction : Le Cambodge: Je fus affecté eu 3ème RMC (Régiment de Marche du Cambodge). Je rejoignais la compagnie CCB ...
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Je fus affecté eu 3ème RMC (Régiment de Marche du Cambodge). Je rejoignais la compagnie CCB à Battambang, une grande partie du trajet en jonque sur le Mékong. Sergent-chef,
j’aurais certainement été affecté en section opérationnelle. Là je me trouvais dans la compagnie de commandement (un peu planqué !) et l’on me nomma Fourrier. Je m’occupais donc du magasin
d’armement, des munitions et également de l’habillement ainsi que du matériel literie….Je fis quelques sorties en opérations, puis après le départ du chef comptable (fin de séjour), on ne trouva
rien de mieux que de me mettre à sa place ! Je m’en sortais tout de même bien et en plus de cela je dus faire face à deux déplacements de garnison. Auparavant, je tiens à signaler ma
participation à la fête de Noël 1951 donnée dans la cour de la caserne à Battambang.
Des numéros comiques, des chants, ce fût un beau succès. Moi, j’imitais Bourvil en racontant mon voyage de Saïgon à Battambang et chantais une chanson de
Bourvil (mais je ne me rappelle plus laquelle), le tout bien applaudi. Gros succès aussi pour les imitations de Maurice Chevalier et d’Edith Piaf.
Notre départ pour Kompong-Speu nous rapprocha de Pnom-Penh que j’avais essayé en vain de rejoindre quelques temps auparavant pour une consultation à l’hôpital (fracture du 5ème
métacarpien). En cette période des pluies et inondations, la voie ferrée fut emportée en plusieurs endroits. Je fus donc évacué sur le poste le plus proche, celui de Pursat (également inondé). Je
restais donc quinze jours avec un copain du bateau (Stanis) sans pouvoir rejoindre Pnom-Penh. Je fus réclamé par ma compagnie (pour un déménagement) et rejoignais Battambang en camion. De la
fracture, on ne parlait plus, la soudure s’était faite toute seule !
Battambang 1952, visite du Roi du Cambodge, Norodom Sianouk
Battambang 1952, le Roi au cimetière militaire
14/06/1953, halte au terrain d'aviation de Phnom-Penh
Dans le secteur se déplaçait des bandes rebelles, commandées par un chef nommé Pout-Chay qui luttait contre le gouvernement cambodgien et contre nous également. Les Viets ne
bougeaient pas. Ce même Pout-Chay nous fit une embuscade sur un convoi qui emmenait des civils réparer une route. Les militaires furent attaqués et dix-huit trouvèrent la mort. IL n’y eut que
deux rescapés qui firent plus de quinze kilomètres à pied dans la brousse pour prévenir le PC. On forma un groupe d’intervention pour se rendre sur les lieux, les rebelles s’étaient retirés.
Heureusement car nous n’étions pas assez nombreux pour intervenir. Les lieux de l’embuscade n’étaient pas beaux à voir, des soldats avaient brûlé dans les véhicules ; Toujours dans ce secteur,
d’autres bandes rebelles circulaient : il y avait DAP-Choun-Mol. Ce dernier (colonel) fut fait prisonnier et remis au gouvernement cambodgien. Le rebelle Chan-Tharang-Sey ne se battait pas contre
nous, ni contre son gouvernement : Dans ce coin, il y avait rarement des Viets. Aussi parfois, on ne savait pas qui était notre ennemi !
La 11ème compagnie de notre bataillon en opération au sud de Pré-Veng entra en contact avec des Vieth-Minh. Il y eut une grosse bataille et Stanis, mon bon copain, fût
gravement blessé au poignet droit. Il s’était trouvé nez à nez avec un Viet et sa réaction fut de lui foncer dessus avec son poignard. Le Viet fut tué mais il avait eu avant le temps de tirer une
rafale de mitraillette et Stanis fut touché. Il fut évacué par un convoi qui s’arrêta devant notre poste. Il me demanda. Je lui fis son premier pansement. La blessure était grave, os éclaté.
Il fut admis à l’hôpital de Pnom-Penh puis évacué sur la France. J’avais été témoin de son mariage par procuration, à l’ambassade de France à Battambang. Son dossier n’étant pas conforme,
il avait fallu le refaire et en son absence, on me demanda de le signer. Quoique un peu gêné, je le fis. Plus tard, je lui signalais en plaisantant que son mariage n’était pas valable, puis que
c’est moi qui avait signé à sa place !