Partager l'article ! 52 - Histoires de serpents: L’Indochine est un pays où il y a beaucoup de serpents. J’ai commencé à en voir en Cochinchine lorsque nous é ...
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L’Indochine est un pays où il y a beaucoup de serpents. J’ai commencé à en voir en Cochinchine lorsque nous étions dans les rizières. C’était des serpents d’eau, non venimeux, d’ailleurs ils se
sauvaient sans chercher à nous mordre. Ils étaient vraiment nombreux.
Au Laos, je n’ai pas vu beaucoup de ces reptiles ; à part une fois, un python, assez gros et long de deux à trois mètres environ. Puis celui (dont j’ai déjà parlé) qui avait mordu notre
interprète laotien – à mon avis un naja puisque sa morsure fut mortelle.
Par contre, en Annam, il y en avait de toutes les catégories. A Phu-Hoa, dans la rivière, ils étaient nombreux à la traverser. Lorsqu’on se baignait, cela faisait peur au début, un serpent à
gauche, un autre à droite ! Dans l’eau, ils ne mordent pas mais lorsqu’ils sortent la tête pour respirer ? Je ne sais pas ! Dans le tas, il y a des serpents d’eau mais comment les reconnaître
!
Dans les environs de Phu-Hoa, au cours d’une patrouille, je fus attiré par une fleur assez spéciale se trouvant dans un buisson, à une hauteur d’un mètre cinquante environ du sol. Elle était
vraiment jolie cette fleur avec ses trois pétales de couleur vive, bleu-violet, blanc et rouge. Je m’arrêtai et m’approchai pour voir si cette fleur provenait bien du buisson ou s’il s’agissait
d’une plante ayant poussée à travers ce buisson. Je n’ai pas mis la main et heureusement ! Juste à côté, il y avait un serpent-minute qui me regardait avec ses yeux noirs brillants. Ce
serpent-minute (qui doit bien avoir un autre nom ?) est plutôt petit (environ vingt-cinq à trente centimètres) de couleur verte. La plupart du temps, il se trouve dans les arbres ou arbustes et
se laisse tomber sur sa proie. Il ne peut mordre que les plis (par exemple entre les doigts, ou a lobe de l’oreille). Sa morsure est mortelle et rapide (moins d’une heure) : c’est pour cela qu’il
est baptisé serpent-minute ! Pour revenir au mien, je l’ai laissé bien tranquille et ai continué mon chemin !
Toujours dans le même secteur, et également en cours de patrouille, je marchais sur un sentier quand pour éviter une racine d’arbre, je fais un léger saut et mon pied droit tombe en plein sur un
serpent. Celui-ci se redresse aussitôt et tente de me mordre sur le dessus du pied. Mais heureusement, je porte des guêtres ! Je laisse mon pied bien appuyé sur le serpent et arrive à placer
entre ma chaussure et lui, la crosse de mon fusil. Alors je prends mon poignard et coupe la tête du serpent. Je n’avais pas osé lever le pied qui maintenait le reptile prisonnier, ayant peur que
celui-ci en se libérant vienne me mordre à la jambe !
Au Nord-Vietnam, dans la région du Cu-Nam, un jour, je prends ma carabine et vais faire un petit tour à trois cent ou quatre cent mètres du poste pour tirer quelques tourterelles. Je n’ai mis que
des chaussures légères et je suis en terrain sec mais je dois traverser un espace où il y a des herbes sèches, hautes de soixante-dix centimètres environ. Je m’apprête à m’engager dans ce terrain
quand j’aperçois à sept ou huit mètres de moi, un cobra, qui semble en colère d’avoir été dérangé. Il disparaît dans les herbes, mais se montre à nouveau un peu plus sur ma droite et à une
distance plus proche. Toujours mécontent, il replonge dans les herbes et je me sauve car je ne le vois pas arriver. Ce jour-là, la chasse fut de courte durée et c’est une des rares fois où je
suis rentré bredouille !!
Au poste de Cu-Nam, un serpent vint me rendre visite dans ma chambre. Il avait traversé la toiture en paille et faisait de la gymnastique au-dessus de moi. Avec un morceau de bambou, je réussis à
le faire partir, et prévins mes collègues de faire attention à ce visiteur.
Une fois de plus, au poste du Cu-nam, un jour où j’étais sous-officier de service, j’allais rendre visite aux trois sentinelles de garde au blockhaus. C’était la nuit, une sentinelle ne bougeait
pas et ne me répondait pas ! Je me demandais ce qui lui était arrivé. En m’approchant au plus près, je l’interrogeais et finalement, il me répondit d’une voix faible « Là, chef » et il montrait
du doigt en face de lui. Je donnais un coup de lampe électrique sur l’endroit indiqué et je vis un beau serpent de plus d’un mètre cinquante qui se déplaçait sur le muret. Il avait de belles
couleurs, noires, jaunes et violettes. Le serpent disparut et la sentinelle effrayée me dit : « lui mort » - la sentinelle était un tirailleur vietnamien. D’après lui ce serpent dit serpent de
nuit, était venimeux.
A Dong-Hoï, PC du Régiment, une histoire de serpent qui pourrait être risible ! Un tirailleur en allant se coucher s’assit sur un serpent qui était dans son lit. Le serpent le mordit à la fesse.
Comme à Dong-Hoï, il y avait un hôpital à proximité, le tirailleur se tira sans problème de cette histoire !
Au Cambodge, à Prey-Veng, une histoire « rigolote » : Nous étions logés dans un casernement en construction légère (briques). J’avais une petite chambre avec un coin toilette, où je me trouvais
d’ailleurs. Tout à coup, je sens quelque chose de froid sur mon pied, un serpent, oui ! mais je reconnus tout de suite l’intrus : un python ! C’est celui de mon voisin, normalement enfermé dans
une cage mais qui avait réussi à en sortir ! Le python a passé sa tête dans le tuyau d’évacuations des eaux usées, et dehors, en regardant par la fenêtre, je constatais qu’il restait encore les
trois-quarts du reptile, bien plus gros que la partie ayant déjà pénétrée dans le coin toilette ! Cela fait drôle ! Du moment que la tête passe, le reste suit ! J’ai alors appelé mon voisin qui a
récupéré son python (un mètre cinquante) et l’a remis en cage en lui donnant une compagnie, un beau poulet noir ! Le poulet n’était pas effrayé et se promenait sur le dos du serpent, bons copains
tous les deux ! Le lendemain matin, le python dormait, il avait pris de l’embonpoint et se trouvait à nouveau seul dans sa cage !