Partager l'article ! 57 – Regard sur ma carrière militaire: Une carrière ratée ! Alors que j’étais affecté au 8ème BCP à Epernay (instructeur auprès d ...
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Une carrière ratée !
Alors que j’étais affecté au 8ème BCP à Epernay (instructeur auprès des jeunes recrues), je suis volontaire pour effectuer un deuxième séjour en Indochine. Le commandant Bouvard (fils de ma mère
nourrice à Revel) me disait : « J’espère que tu n’as pas fait une bêtise en retournant là-bas (lui qui voulait que je prépare les EOA).
Il avait raison, j’avais fait une grosse bêtise !
Désigné pour rejoindre Fréjus le 1er décembre 1950, le colonel commandant la 8ème BCP veut me nommer au grade de sergent-chef d’autant que j’ai le numéro 1 au tableau d’avancement. En prenant mon
dossier, il s’aperçoit qu’il me manque un mois de grade pour remplir les conditions. Je rejoins donc Fréjus avec mon grade de sergent et effectue là-bas un stage commando, que je n’aurai pas du
faire, car ayant effectué un séjour en E.O dans une unité combattante !
Débarqué à Saïgon début mars 1951, je vois arriver deux jours plus tard un navire qui amène deux de mes camarades du 8ème BCP. Tous deux étaient inscrits au tableau
d’avancement avec moi, avec les numéros 2 et 3. Au moment de leur départ de l’unité, ils remplissaient les conditions pour passer au grade supérieur et tous deux avaient été nommés Sergent-chef.
Ce fut un choc pour moi ! Mon acte de volontaire me lésait durement !
La malchance me poursuivra au Cambodge où encore avec le numéro 1, je ne serai pas nommé car à ce moment-là, j’étais détaché dans l’armée cambodgienne et donc un peu oublié !
Je rentrais en France toujours sergent et envisageait de quitter l’Armée (mais neuf ans et demi de service, ce n’est pas rien !). Affecté au 3ème Régiment de Tirailleurs
Algériens, je prends le Numéro 2 pour le grade de sergent-chef : mais ça continue ! Le régiment est excédentaire en militaires de ce grade et le général commandant la région n’autorise pas de
nouvelles nominations.
A ce moment-là, Bouvard qui est commandant à la Base Aérienne de Rabat (Maroc) me demande de faire une demande de changement d’arme pour entrer dans l’Armée de l’Air). Fais ta
demande et c’est tout, je m’occupe de toi ! Tu feras les stages et examens nécessaires et tu passeras rapidement adjudant, grade qu’il me dit mérité ! J’hésite et entre temps je suis nommé
sergent-major. Ce grade va finir d’empoisonner ma carrière car mon chef de corps refusera de m’envoyer en stage de deux mois pour passer un examen me permettant d’accéder au grade d’adjudant et
aussi d’obtenir un classement en échelle de solde supplémentaire. Motif : personne pour remplacer le chef comptable (ce qui était bien exact d’ailleurs !). Il me manque six mois au titre de
réserve. Je fais donc une demande de rengagement de six mois pour terminer mes quinze ans (quinze ans six mois) d’armée. IL y a une décision ministérielle qui prévoit des rengagements de six mois
au titre de la réserve. Je fais donc une demande de rengagement en ce sens mais pour servir au district portuaire de Bône (où le commandant voudrait bien me récupérer) et non au 60ème Régiment
d’Infanterie. La demande est refusée par le commandant de bataillon car il n’a pas de remplaçant. Il pensait peut-être que je rengagerai tout de même dans son unité? Je me fais donc libérer et
rentre en France où je fais une demande de rengagement à Lyon pour six mois au District Portuaire de Bône. Le général commandant la 8ème région la refuse et son chef d’état Major me contacte pour
que je fasse un rengagement d’un an pour service à l’Etat-Major. Je ne suis pas d’accord et je reste en relation avec Bône mais cela traîne (presque six mois !). Le Ministère de la Défense
Nationale se trouve mêlé à ce dossier et finalement je reçois copie d’un télégramme de l’Etat Major de Constantine me disant que je remplis bien les conditions indiquées par la décision
ministérielle et que je serai rappelé finalement pour servir six mois au District Portuaire de Bône.
Cela se passe vers le 15 février 1960 et il y a quinze jours que je suis employé aux transports Gondrand à Lyon. J’en ai marre de cette affaire ; je laisse tomber l’Armée mais avec un regret,
j’aurai une retraite basée sur treize ans de service au lieu de quinze ans avec un temps total effectué de quinze ans et huit jours.